Extrait du recueil: Des Larmes rouges par Amoulayes.

BONHEUR CHOISI

Trop penser à ma marraine m’aguérrie,
Mais la vengeance m’ennuie,
J’aurais dû résister,
Oui résister à la barbarie de ma pensée.

Ces douleurs de jeunesse veulent assaillir ma vieillesse,
Je pris pour qu’elles n’infectent pas ma sagesse,
Cette forêt vierge qui est ma pensé,
Elle parle maints langages désespérés,

Je ne vois rien c’est vrai,
Je sais beaucoup c’est indiscutable,
Je dors peu, cest vrai !
Je rêve assez, c’est rentable !

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Extrait du recueil: Des Larmes rouges par Amoulaye

Réveil de bonnes heures

Fortune, le fruit de la pierre !
Pêche avec ton cœur !
Combats avec tes douleurs !
Refroidis le fer par tes pleurs !
Que mes pleurs cessent à tes pieds !
Et non à ton chevet !
Ma crainte est de voir la tienne disparaitre !
Allons-nous ébattre !
Ton corps n’est pas un trésor !
Mais il couvre pleins dors !
Ton cœur, mon fils !
Ta sagesse précoce, mon fils !
Ce pagne qui couvre ton corps,
Triste de le dire, il te ferme toute porte !
Que ton cerveau soit une grotte !
Le monde t’ouvrira toutes ses portes !

Extrait du recueil: Des Larmes rouges par Amoulaye

À MON FILS

Différence, mais pas une fatalité !
Différence, mais pas regrettable !
Différence, mais pas de complexité !
Différence, mais pas imbattable !
Ta solitude, sois-en fier !
Ta vie, donne lui du beurre !
Au sein des plantes carnivores, le roseau médical sy trouve !
Viens en aide à ce monde de plus en plus chauve !
Tout être est cerné par un autre !
Apprends plutôt des autres !
Si pour toi le monde est un fer,
Lèves-toi et bats-le au froid sans fer!
J’ai hâte de te voir suer !
Plutôt que pleurer sans dignité !
Sois celui dont lon ne rêve pas !
Mais aies ce que lon na pas !
Sois fier d’être différent !
Tu murmuras plus tard en disant je taime maman !

Extrait du recueil: Des larmes rouges par Amoulaye

GRÂCE MATINÉE

Je me demande bien comment !
Comment est-ce possible maman ?
Faible et vide cette coquille que je porte !
Certains l’appellent corps, peu importe !
Il ne me sert à rien !
Comment pourrais-je me sentir bien ?
Pas de complexité, loin de là !
La vieillesse, je le sens dans ce corps de jeunesse aux pas de rat !
Heureux celui qui a pour corps un trésor !
A quoi puis-je valoir avec ce corps ?
Emprisonné dans ma peau,
Comme une maison de douleur,
Je me prive de toute assimilation avec ces robots !
M’endormi hors de ce combat serait la meilleure !
Je suis plutôt amoureux !
Soucis, vieillesse précoce, déplaisance me rendent heureux !
Je suis assourdi de nonchaloir !
Cette jeunesse éteint mon pouvoir !
Allongé sous ce pagne,
Mes douleurs me soignent !
Mes peurs et ma faiblesse me réconfortent !
Par mes pleures, ma personne se sent forte !

Extrait du recueil: Des larmes rouges par Amoulaye

L’ENFANT PRODIGE

Ne me dit pas que j’ai tort maman !
Je crains pour mon sort !
Ah quelle sale ambition !
De vouloir avoir des convictions !
Quel entourage de désert !
Mais jamais je serai à découvert !
Voulant m’éloigner de là !
Je me cerne des espèces bizarres !
Comme un poussin dans un enclos,
Elles me piétinent comme des salauds !
Oh !quel patrimoine de démons saints ?
Je croyais avoir affaire aux humains !
Que le monde s’éloigne de moi !
Afin que je puisse faire régner ma loi !
Je voulais me rende dans tous les quatre coins du monde,
Malheureusement la terre est ronde !
Heureusement ma natte est rectangulaire !
Maman je veux fermer mes paupières !
Sil te plait laisse-moi faire !
Ainsi je sens le bonheur !

Extrait du recueil: Des larmes rouges par Amoulaye

Eternelle disparition

Jai vu les bois de chauffes entassés,
Ils étaient sans feux,
Je suis de retour maman,
Où es-tu en ce moment,

Que la torture se moque de moi,
Néanmoins je suis là,
Avec tout ce quil faut pour combattre la faim.
Enfin sauf les raisins,

Oh comme jai été si idiot,
J’admirais en faisant chemin tous ces chiots,
Tu as dû cesser de patienter,
Oh quelle triste été !

La solitude me harcelle,
On m’arrache chaque parcelle,
Seulement une portion de terre,
Seul sans aucun ver de terre,

La rosée me serre de miroir,
Les trous à rat me servent de tiroirs,
Les montagnes me servent de murs,
Si seulement je savais que tu m’avais si longtemps attendu,

Extrait du recueil: des larmes rouges par Amoulaye

FEMME INCONNUE

Elle s’est battue,
Elle a battu le fer au froid,
Seule dans les montages perdues,
Elle revenait seulement le soir,

Elle était têtue,
Face aux diables de cette société hantée,
Face aux ennemis aux idées lugubres,
Face à sa santé,

Je pourrais même faire un film sur son vécu,
Si seulement javais les mots justes,
Si j’avais les larmes nécessaires,
Si j’étais un personnage hors pair,